dimanche 16 mai 2010
dimanche 9 mai 2010
Africa, africa...
samedi 1 mai 2010
Trop de travail les derniers jours de ma mission en Haïti m’a empêché de vous raconter, depuis là-bas, la fin de mon séjour. 10 jours après mon retour, même si je suis moins inspirée, je suis encore sous le charme de ce pays si attachant.
D’abord, je me suis rendue compte qu’il fallait que j’explique mieux les conditions de sécurité là bas, parce que beaucoup m’avez demandé pourquoi le couvre feu et le reste…
En fait, avant ou après le tremblement de terre, Haïti n’a jamais été un pays sûr. La criminalité a toujours été assez élevée et les braquages de voiture ou les enlèvements (pour de l’argent) étaient courants.
Depuis l’enlèvement de deux travailleuses humanitaires en mars dernier (elles sont restées otages quelques jours, puis libérées sans avoir été maltraitées), les différentes ONG présentes en Haïti ont rehaussé leur niveau de sécurité et imposé un couvre-feu à leurs équipes. Petit à petit, les règles se sont détendues et les 4 ONG françaises que j’ai rencontrées n’imposent plus de couvre-feu à leurs équipes. En fait, il faut être vigilant tout le temps. Par exemple, la seule fois où j’ai un peu marché dans la rue, un adolescent a essayé de me voler mon portable, dans la petite poche de mon sac. Et puis le dernier samedi soir, je suis allée au restaurant avec mon amie Richard, et alors que nous finissions de dîner, la voiture d’une autre ONG a été braquée. Le chauffeur était seul, il n’a pas été blessé, mais les gars lui ont pointé une arme dessus et lui ont pris son portefeuille, son portable, et la voiture !


Malgré cela, j’ai trouvé que les règles qui m’étaient imposées étaient trop strictes. En fait, Bioforce travaille sur place depuis début mars, en partenariat avec un organisme de formation britannique, à donner des formations aux personnels des ONG qui répondent à la catastrophe (logistique, sécurité, eau et assainissement). C’est un membre de l’équipe qui était chargé d’établir les règles de sécurité pour tous les gens vivant et travaillant autour de ce programme. Son dernier poste était au Darfour, et je crois qu’il n’en était pas encore totalement sorti…
Mais soyez rassurés, les ONG vont bien à la rencontre des populations, travaillent dans les camps de déplacés, sortent bien de leurs voitures et de leurs bureaux !
Pour ma part, dans la suite de la semaine, j’ai rencontré à nouveau des représentants d’un Ministère et d’une association haïtiens avec qui Bioforce veut monter un projet de formation professionnelle. C’était la première fois que j’avais, dans un pays étranger, des réunions de travail aussi efficace, un vrai bonheur ! Il faut dire aussi que le fait de pouvoir travailler sans interprète facilite vraiment les choses, c’était très agréable. Au final, je suis revenue d’Haïti avec tous les éléments pour monter notre projet et faire la demande de financement, les objectifs de ma mission ont été atteints ! Je suis ravie !
Le vendredi soir, nous (l’équipe Bioforce et les anglais) avons fêté le départ de la chef de mission et une petite fête a été organisée avec l’équipe locale. Les chauffeurs et les gardiens nous ont fait danser le compas (konpa), la danse et musique populaire locale. Je trouve que ça ressemble à un mélange de zouk et de musique cubaine. Au début, tout le monde était un peu mal à l’aise mais ensuite nous avons bien rigolé. Le compas se danse normalement très serré, mais par respect, les garçons nous tenaient à bout de bras, ce que j’ai trouvé très touchant. Par contre, pour ne pas me dire que je dansais mal, ils m’ont dit que les deux autres filles étrangères dansaient mieux que moi, mais que je dansais bien quand même !
Ensuite nous avons « cassé » le couvre-feu pour aller au restaurant fêter le. Un joli restaurant, tenu par des italiennes, dans le quartier « chic » de Pétionville. La serveuse avait de très jolies boucles d’oreilles, et lorsque je lui ai demandé si elles étaient faites en Haïti, elle m’a demandé si je les trouvais jolies. J’ai dit oui, et du coup elle me les a offertes ! J’en étais toute gênée mais aussi très touchée, et j’ai du les accepter. J’ai trouvé ça vraiment adorable.

Dans ce même restaurant, j’ai croisé l’Ambassadeur de France. Je l’ai reconnu, pour l’avoir tant vu, à la télé et il a été très aimable quand je suis allée le saluer. La veille de mon départ, j’ai eu un rdv avec l’un de ses collaborateurs à l’Ambassade. Le bâtiment est vraiment très beau, mais il a été endommagé par le séisme et devra être détruit, c’est triste. Près de l’Ambassade il y a aussi ce qui était le Champ de Mars et le palais présidentiel. Le premier est devenu un immense camp de personnes déplacées, le second, complètement effondré, va être rasé. Des photos ci dessous, plus loin dans le blog.
Le deuxième (et dernier) week-end, je suis retournée me faire chouchouter chez Richard et Marc.
Le samedi après-midi Richard m’a emmenée voir une boutique d’artisanat haïtien et j’ai enfin pu admirer de près ces objets en métal découpé et peints de toutes les couleurs : des geckos, des fleurs, des poissons…Et pour ma collection, j’ai même trouvé un éléphant en pierre haïtienne ! Etrange dans un pays et un continent sans éléphant… mais je suis contente pour ma collection.
Enfin, j’ai espéré que le volcan et ses cendres me bloqueraient quelques jours de plus en Haiti, mais ça n’a pas marché. J’avoue que je n’étais pas mécontente d’abandonner les coqs et les chiens très bruyants (dès 3h30 du matin autour de la maison !) et les moustiques bioniques, qui résistaient aux produits, aux serpentins fumants et qui me piquaient à travers les vêtements. Malgré ces vilaines bêtes, je serais bien restée plus longtemps dans ce pays qui m’a beaucoup plu, bien que je ne n’en ai eu vision que limitée. Tous les expats avec qui j’ai parlé, et qui ont déjà passé plusieurs mois en Haïti, me disent qu’eux aussi, sont complètement sous le charme de ce pays.
Pour ma dernière soirée, la cuisinière nous a fait du poisson, mon plat préféré, une recette un peu pimentée qui était un vrai régal ! Un des chauffeurs m’a offert un CD de musique compas et un des gardiens, deux très beaux objets en métal découpé. J’étais très touchée de recevoir ces deux cadeaux alors que je ne suis restée que si peu de temps. Apparemment ils ont apprécié ma bonne humeur et mes efforts pour apprendre quelques mots de créole. C’était vraiment sympa.
Voilà. Si le projet se fait, il y a une petite chance que j’y retourne, je l’espère en tous cas.
mercredi 14 avril 2010
Erratum Haïti
et les fautes d'orthographe, je me suis pas relue...
Autour du monde, le retour! Carnet de séjour en Haïti
Je continue à découvrir Port-au-Prince, même si à mon grand regret ça reste limité : pour des raisons de sécurité, je ne peux pas me déplacer à pied, ni rouler les fenêtres ouvertes. Notre couvre-feu est passé à 19h, mais chez d’autres ONG il est seulement à 21h.
Toutes ces règles de sécurité sont dues d’une part au fait que PAP n’a jamais été une ville très sûre où notamment les kidnappings pour de l’argent étaient assez courants et où il y avait une forte violence liée à la présence de nombreux gangs. Avec le tremblement de terre, beaucoup des membres de gangs ont pu s’échapper de prison, grâce à la destruction des bâtiments et à la confusion générale. Mais c’est aussi parce que depuis le tremblement de terre, 4 travailleurs d’ONG ont été kidnappés, puis relâchés, et c’est pourquoi les ONG ont instauré des couvre-feu pour leurs équipes.
Alors voilà, pour moi qui aime aller sur les marchés notamment, c’est assez frustrant. Par contre, comme il y a beaucoup d’embouteillages, j’ouvre grand mes yeux sur les quartiers qu’on traverse, et je discute autant que possible avec les 5 chauffeurs qui travaillent pour nous.
La capitale, 1.500.000 habitants, regroupe les deux tiers de la population urbaine. Port au fond du golfe de la Gonave, la ville possède une des plus belles baies du monde. Ville de contrastes, où l’extrême pauvreté côtoie l’opulence. La vieille ville coloniale rectiligne aux bâtisses mal entretenues occupe les terrains les plus plats avec des cabanes de tôle ondulée d’aspect misérable. De somptueuses villas blanches aux bougainvilliers toujours en fleurs montent à l’assaut des montagnes jusqu’à plus de mille mètres au-dessus du niveau de la mer, cernées de plus en plus par des cahutes brinquebalantes nichées dans les pentes des ravines.
Ville chaude, animée et bruyante, à la circulation intense et pittoresque, où les enfants en uniforme bien net envahissent la chaussée à l’heure de se rendre à l’école, où les marchandes portent sur la tête les échafaudages les plus extravagants, où les "cadillac" de service côtoient des chars à bras, des chèvres et des chiens maigres. Port-au-Prince concentre la majeure partie de l’activité économique du pays : cimenterie, aciérie, ainsi que les nombreux ateliers artisanaux. Son aéroport a été modernisé, mais reste précaire. Les installations portuaires sont vétustes.
Je n’ai vu la mer que de loin, je pense que je n’aurai pas le temps d’aller la voir de près. Je me contente de ces visions urbaines, un traffic monstre, parmi lequel beaucoup de voitures d’ONG, des agences des Nations Unies mais aussi de l’armée américaine et des casques bleus de la MINUSTAH (mission des NU). Parmi les voitures, j’ai même vu un Porsche Cayenne, on me dit qu’il y a des haïtiens très riches, apparemment c’est le cas. Il y a beaucoup de gros camions aussi, surtout de la marque Mack, des vrais « trucks » américains.
Dans la voiture, à la radio, avec le chauffeur, j’écoute de la musique « compa », la musique haïtienne, qui me fait penser à du zouk mêlé de musique cubaine. Très caribéenne en tous cas. Je demande aussi aux chauffeurs de m’apprendre un peu de créole. Le créole c’est un peu comme parler français avec une patate chaude dans la bouche et sans dents…hum, vous voyez ? L’autre jour j’ai entendu le Président Préval à la radio, et là je comprenais environ 70 à 80% de ce qu’il disait, en créole. Mais quand les gens parlent entre eux, avec leur accent, je comprends beaucoup moins. A l’écrit c’est assez drôle le créole, et finalement plus facile à lire qu’à comprendre oralement par exemple.
Ce que je préfère ce sont les panneaux de sensibilisation à l’hygiène que l’on voit partout en ville, et surtout celui-ci, accompagné d’un dessin : « mwen pop sové lavi »… alors, vous avez deviné ?
Eh bien, c’est « mains propres sauvent la vie », sous un dessin d’une femme se lavant les mains au savon ! J’adore !!!
Dans la rue il y a aussi beaucoup de marchands ambulants : j’ai acheté des « papita », des chips de bananes, c’est bon et le petit sachet vaut seulement 10 gourdes (soit environ 50 centimes) ! Oui la « gourde », c’est la monnaie haïtienne…c’est pas moi, hein !
Par la fenêtre de la voiture on peut aussi acheter des sodas frais (le marchand se trimballe une glacière), des petits sachets d’eau potable (le marchand les porte souvent sur sa tête) et… des médicaments ! Ca c’est ce que je trouve le plus drôle : les gars ont un espèce de grand cône inversé en cartons, entouré d’élastiques dans lesquels sont coincés, en présentation, des plaquettes de médicaments. Evidemment, pas de notice pour savoir à quoi est censé servir le médicament, et surtout tout cela reste en plein cagnard ! Et c’est qu’il fait chaud, parfois jusqu’à 35° en milieu de journée !
Evidemment, je le raconte comme ça, mais ces images de marchands ambulants, et de ceux qui sont installés sur les chaussées, renvoient aussi toute la pauvreté de ce pays où 70% de la population est touché par le chômage ou un travail précaire.
Bâtiments endommagés


« Dieu qui donne – dépôt – chaud & froid »
« Alléluia 2010 – lavage & pression – car wash »
« Père Eternel Loto »
« Dieu tout puissant – pharma »
On trouve aussi d’autres enseignes assez amusantes comme « L’honnêteté Service Multiples » ! Ces enseignes sont toutes peintes à la main, avec beaucoup de soin, le plus souvent avec un dessin qui illustre le propos.
Même pour les banderoles que les personnes déplacées ont placé à l’entrée des camps où elles se sont installées, un grand soin est apporté à l’alignement des lettres et au choix des couleurs. La ville est parsemée de ces camps, qui se sont spontanément créés après le tremblement de terre sur des terrains de sport, dans des parcs, dans des jardins et même parfois carrément sur la rue. Ce sont les bâches bleues et les tentes blanches que j’avais vues de l’avion. Les camps semblent surpeuplés et les conditions d’hygiène sont parfois déplorables. En plus, il pleut tous les jours maintenant, ce qui n’arrange rien. La ville étant en partie sur des collines, les camps du haut s’en sorte un peu mieux car les terrains sont en pente et l’eau ruisselle. Mais en bas, l’eau ne s’écoule pas et stagne, le meilleur moyen d’aider à la prolifération des maladies !

Chaise de bureau...

J’étais super heureuse de les retrouver, ils m’ont chouchoutée : un super bon dîner avec du vin français, une énorme et très confortable chambre d’amis, un vrai petit déjeuner canadien (pain perdu au sirop d’érable, œufs et bacon !) et le wifi chez eux ce qui fait que j’ai pu bosser alors qu’internet ne marchait plus au bureau. Je retourne les voir samedi prochain, chouette !


Hier enfin, j’ai découvert le camp de base des Nations Unies… un truc de fou !!! Avant le séisme, seule une petite partie était installée sur cette base, tout près de l’aéroport et les agences des NU avaient des bureaux dans différents endroits de la ville. Ces bureaux ayant été détruits, toutes sont réunies sur cette base, dans des préfabriqués et sous des tentes. C’est énorme. J’ai croisé le camp de l’avion uruguayenne, des casques bleus très latinos, certains avec des têtes de tueurs à gage, il faut le dire… J’ai vu aussi des casques bleus jordaniens et espagnols, des militaires américains… ça sentait la testostérone à fond !
La réunion à laquelle j’assistais avait lieu sous une tente, il y faisait un peu chaud, surtout que l’on était hyper nombreux. Les ONG et les agences NU sont organisés en « cluster » (cellule) par thèmes : logistique, santé, éducation, eau et assainissement, abris etc… Apparemment, beaucoup d’ONG travaillent à construire des abris et pourtant, tous les besoins ne sont pas encore couverts.


Sortie d'école, à midi
Rue de la vieille ville de Bobo
Mosquée de Bobo, construite au XIX° siècle
Sur le toit de la mosquée




















